Avançant dans le noir, monde inconnu de tout être sensé, on observe ce vide immense qui nous entoure et nous acclame. Cette blessure est en nous, et elle y restera. Après tout, quel homme pourrait la combler sans en souffrir ? La tristesse est en nous, et elle nous submerge. On peut appeler ça un sentiment, mais la tristesse est quelque peu physique en sa nature. Quand on fait mal à une personne, elle ne l'oubliera pas. Elle peut passer à coté et pardonner, mais l'oublier ? Jamais. Les plus grandes des tristesses sont pires que les plus grandes blessures. Ses cicatrices en restent visibles à tout jamais.
Qu'y faire ? Rien. On ne peut rien y faire. Pardonner est une solution, mais elle n'est pas toujours abordable.
Certains dépriment, d'autres survivent. Déprimer c'est un peu mourir et se laisser aller à s'abattre. Survivre, c'est avouer que l'on a arrêté de vivre. L'océan du temps prend alors tout son sens, et c'est pourquoi je m'en vais vous conter son histoire.
L'Homme était à la mer, ou plus précisément à l'océan. Mais alors que ses derniers espoirs s'en allaient avec le bateau l'abandonnant au rythme des vagues de la vie, une pierre le fit couler à quelques centimètres en dessous de la surface, puis, s'y ajoutant, une deuxième y vint. Non satisfaits de sa position embarrassante, les évènements s'enchaînaient au travail de sa dérive, sans se rendre compte que s'il en avait la force, ils l'aidaient. De l'aide ? Il en avait encore et encore, s'abîmant au fil du temps. Mais un jour, la pierre qu'on lui lança lui donna sa chance. Il avait tellement coulé avec le temps, qu'il touchait à présent le banc de sable et d'algues du fond de l'océan. Un appui solide. Il était maintenant temps pour lui de faire son choix. Allait-il se battre ? Abandonner ?
S'il se laissait choir, il n'aurait plus aucune chance. Mais s'il se battait, et maintenant il en avait les moyens, il pouvait s'en sortir.
L'Homme donna un coup de pied au fond, de toute la force de sa volonté, et, se libérant de ses chaînes de pierre, remonta vers la surface plus rapidement qu'il n'avait pu la voir disparaître. Émergeant alors, quelques centièmes de secondes après, il se sentit revivre. Une bouffée d'air entrant dans ses poumons noyés jusqu'alors dans les méandres de ses malheurs. Plus rien ne comptait à présent, excepté le fait qu'il était à la surface, et qu'il en était heureux. Heureux ? Quel est ce drôle de mot ? Il ne se souvînt même pas l'avoir déjà employé sans négation. Il pouvait ainsi s'utiliser de façon positive ? Et ce ne fut pas la dernière chose qu'il apprit à connaître. Un coup de pied, si court avait-il été avait changé énormément de choses dans sa vie. Et bien qu'on ait pu pensé le voir submergé par les évènements plus que jamais, il avait surgit à la surprise générale, plus joyeux que jamais, de l'air plein les poumons, et un sourire sur des lèvres encore humides, les cheveux ruisselants, les yeux brillants: il ne souriait pas à ceux qui le voyaient, mais à la vie qui l'attendait.
On peut plier, mais il ne faut jamais cesser de se défendre et de combattre. Et ce bien que la tentation soit énorme. Se laisser aller enfin à couler est agréable. On n'a plus rien à craindre puisque ce que l'on craint est déjà arrivé, et se battre ne ferait que se donner de l'espoir et en souffrir encore ... et pourtant, c'est ce qu'il faut faire. Car rien n'est jamais perdu tant que la volonté de se battre persiste. Et bien qu'on ne puisse rétablir les choses à tous les coups, parfois, on peut les vivre autrement et en découvrir de plus belles encore.
Se soumettre sans combattre est une erreur à ne pas commettre, car Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir
, et L'espoir fait vivre
, ce qui signifie que tant que l'on vit, on a le choix de notre vie: alors, pourquoi abandonner quand on peut gagner ?
Pas-Commentaires
1. Le samedi 19 janvier 2008 à 20:00, par Loïc
Réponse de XaF le samedi 19 janvier 2008 à 20:09
2. Le mardi 29 janvier 2008 à 16:39, par Nariel
Réponse de XaF le mardi 29 janvier 2008 à 19:17
3. Le dimanche 24 février 2008 à 21:37, par caCtus
Réponse de XaF le dimanche 24 février 2008 à 22:02
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