Prélude à la vie - Préface (1/5): Silence
Par XaF, mardi 14 août 2007 à 23:59 :: Rome, Âne & Ske :: #16 :: rss
Si ... avec des si, dit-on, on peut refaire le monde ... Bien des gens ont essayés de le refaire sans jamais atteindre leur but, et pourtant, les si étaient présents ...
Si ... on y croit et pourtant, on n'y croit pas. On pense que l'on peut et pourtant, on ne pense pas pouvoir. Les si font le travail que nous n'osons faire pour qu'il soit fait quand même ... sans être fait.
Si ... lorsqu'on oublie ce monde d'imagination, on perd tout sens en notre être, toute vie ... Les si sont la matière de notre esprit, les arrêter revient à arrêter notre liberté ... et lorsqu'on n'ose plus s'avancer sur des choses bancales, vient le Silence ... le prélude de ce mot n'est peut-être pas si innocent que l'on croit, au fond ... on dit que ce mot vient du mot latin silentium, mais si ...
Tais toi ... silence ... pourquoi ? Pourquoi s'arrêter devant des mots ? Pourquoi ne pas écouter notre fort (exprès !!
Damien) intérieur (ou faible, au choix, mais le fort est nettement moins dégradant) et suivre notre instinct (et non pas intestin) ... seulement, si ...
Toujours des questions, encore des questions ... des pourquoi ... (et pourquoi tu fermerais pas ta gueule ?
[© Festival Roblès], aussi), mais jamais de réponse convenable, jamais d'attente satisfaite, toujours plus de questions, et ce malgré les réponses.
Le Silence ... cette paix de l'esprit qui nous atteint, ce monde à part que nul ne peut nous ôter, ce monde si imperceptible qu'il en devient inconcevable, il nous attire, on en a besoin, sans lui, nous ne pourrions apprécier le moindre bruit, nous ne pourrions apprécier la moindre intonation, nous ne pourrions apprécier l'ouïe ...
Le réveil sonnait lorsque sa main sortit du dessous de la couverture puis chercha en tâtonnant le bouton d'arrêt. Marie n'était pas très grande, mais sa beauté les faisait tous se retourner, ces salauds, dans la rue. Elle n'aimait pas leurs regards pleins de sens, avec leurs idées déjà préexistantes, mais parfois, elle se faisait plaisir en en ramenant un chez elle, un timide généralement, que ses amis jalousaient terriblement quand elle l'abordait. La nuit dernière, elle en avait ramené un. Elle ne savait pas ou il était. Dans la salle de bain, certainement. Ou peut-être la cuisine. Après tout, qu'est-ce qu'elle en avait à faire ? Demain, il n'existerait plus.
Elle se leva et entreprit le chemin de la cuisine. Aucun bruit ne l'interpela, et c'est d'ailleurs ce silence qui le fit à sa place. Son chien aboyait d'habitude, le matin, quand il la savait réveillée. L'appel du ventre, aimait-elle à se dire. Elle n'aimait pas les chiens non plus, à vrai dire, peu de monde pouvait savoir ce que Marie aimait, elle passait son temps à trouver les défauts et à s'y attarder, jamais rien n'était parfait, pour elle. Tout ça à cause de l'autre salaud, se disaient-ils. Dans le temps, Marie avait connu un homme, dans le temps, elle l'avait aimé. C'est d'ailleurs là que tout avait commencé. Elle lui faisait confiance, elle aurait donné sa vie pour lui, s'il lui avait demandée. Il n'était pas passé très loin, à vrai dire. Alors qu'elle vidait ses comptes pour partir se reconstruire une vie meilleure avec lui, rien qu'avec lui, elle avait oublié la carte d'un de ses comptes. Elle était rentrée plus tôt chez elle, c'est alors qu'elle l'avait trouvé au lit avec cette ... putain, elle ne pouvait pas la qualifier mieux, c'était sa meilleure définition, une putain, rien d'autre ! Ce chien qu'elle avait, c'est son père qui le lui avait offert. Il pensait faire bien, il la trouvait bien seule, et, disait-t-il, en étant seule à la quarantaine, on finit vieille fille. Elle avait finit par s'attacher à cette bestiole, et s'était décidée à ne pas le donner aux foyers de la SPA, après tout ... ça lui faisait une compagnie, et lui au moins, il ne la prenait pas pour une conne.
Non seulement c'était calme, mais le verrou n'était pas en place. Il avait dû sortir, l'autre abruti. Il ne connaissait même pas le corps d'une femme ... elle ne l'avait pas ramené chez elle pour lui donner une leçon et lui expliquer comment ça marche, après tout ... Elle avait du mal à croire qu'il avait déjà vu une femme nue avant elle ... En fait, il n'était pas une grande perte, et tant mieux s'il était parti, elle n'aurait pas à le virer elle même, comme ça. Tiens, il était là, son chien. Alors qu'elle s'en approchait, elle se dit qu'il était bizarre qu'il ne réagisse pas à son approche. Elle décida d'avancer vers lui. Arrivée à sa hauteur, elle comprit. En fait, elle ne sait pas si elle eut le temps de comprendre, ce qui était sûr, c'est qu'elle garderait à jamais les yeux ouverts sur la mort.
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1. Le mercredi 15 août 2007 à 18:54, par cacoucou
2. Le mercredi 15 août 2007 à 19:58, par Damon
3. Le mercredi 15 août 2007 à 20:51, par Damon
Réponse de XaF le mercredi 15 août 2007 à 21:36
4. Le jeudi 23 août 2007 à 19:55, par Nariel
5. Le jeudi 23 août 2007 à 21:25, par Jeremy
6. Le mardi 28 août 2007 à 14:32, par Ellen
7. Le mercredi 29 août 2007 à 12:54, par Kathleen
8. Le jeudi 20 septembre 2007 à 19:12, par Milie
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