Prélude à la vie – Préface (4/5): Le repos du guerrier

On dit souvent que la nuit porte conseil, et qu’elle permet aussi de ranger les informations dans le cerveau … la nuit, c’est important, que penseriez-vous d’un stage de 6 mois à l’un des pôles ? (puis 6 mois dans l’autre, à l’occasion)

Voilà longtemps qu’il n’avait pas passé une nuit complète en restant dans un sommeil paisible. Il n’était rassuré qu’au petit matin, et c’est alors qu’il relâchait sa garde. Michel n’avait pas encore 30 ans, et pourtant il était déjà mêlé à de bien belles affaires … Il avait de quoi vivre … Oh, ça, il n’était pas à plaindre, et de loin, mais à quel prix ? C’est la question qu’il se posait tous les matins en se levant après une nuit mouvementée, mais il finissait par se faire une raison et continuer à vivre paisiblement, de toutes façons maintenant, il était dedans, et il ne pouvait plus rien y faire … alors autant s’en accommoder et profiter. Dès qu’il fût en age de réfléchir, il sût qu’il était doué pour ça. A vrai dire, quand il arrivait à gagner quelques centimes il sentait un tel bonheur l’envahir … mais ce n’était rien comparé à ce qu’il savait faire aujourd’hui. Personne de sa famille n’avait un compte bancaire aussi rempli que le sien, et encore, il ne comptait pas là dedans tout ce qui était encore à l’abri dans des coffres, ni son métier qu’il continuait à exercer en touchant les fruits du chômage. Pour l’avoir, il avait bien dû travailler, un jour, mais ça ne dura pas longtemps. Il était guichetier à une banque internationale d’origine Suisse, le gros lot s’était-il dit. Mais ça ne lui rapportait que trop peu, il finit par l’appeler « la cour des petits » avant de décider de démissionner et de s’affairer à la « cour des grands » tout en touchant les allocations.

Certains de ses anciens « clients » lui tenaient encore rigueur, même plusieurs années après, pour ce qu’il avait pu leur faire dans cette « cour des grands », et puisqu’il opérait à visage découvert pour gagner la confiance de ses « acheteurs », ils finissaient toujours par le dénicher. C’est pourquoi il devait redoubler de prudence la nuit venue, et ne pouvait par conséquent s’assoupir vraiment qu’en journée … Le plus dur était de continuer ses « aventures » dans ces conditions. Il disait que ça lui permettait de garder sa jeunesse, et que ses ennemis finiraient bien par s’entretuer pour avoir le droit de le tuer de leurs propres mains. C’était sa dose d’humour. Noir, comme il se doit, pour garder le sourire malgré les circonstances.

Le jour venait de se lever, le ciel était d’un bleu d’azur exquis, et il le contempla quelques instants, sa main droite, sous l’oreiller, relâcha quelques peu sa pression de la crosse de l’arme qu’elle tenait. Elle reprit position en un dixième de seconde. Michel avait l’habitude de tendre l’oreille, n’importe qui pouvait avoir envie de le tuer, à n’importe quelle heure, et c’est bien ce problème qui l’animait. Il était déjà mort quelque part, vu qu’il ne pouvait plus vivre. Il attrapa un caleçon dans son tiroir et l’enfila rapidement, sans jamais retirer sa main du dessous de l’oreiller, ni faire aucun mouvement inutile. Il écoutait. Et les bruits qu’il entendait étaient anormaux. Du moins, c’était son avis. En roulant sur lui-même il atteint le bord de son lit circulaire de deux mètres de diamètre rapidement et sans bruit, il en profita pour retirer son arme de sous l’oreiller sans que personne ne put l’apercevoir même si l’on eut fixé des caméras partout dans sa chambre. Il pivota sur lui-même et se dirigea vers la porte, toujours à couvert, les bruits de ses pas atténués par la moquette épaisse qu’il avait fait installer à tout l’étage. Il maintenait son arme le long de sa jambe, de manière à pouvoir la soulever rapidement à la moindre nécessité, sans que l’on puisse le surprendre et la lui faire perdre. Un « click » significatif se fit entendre lorsqu’il leva le cran de sûreté. Il venait d’entendre une fois de plus un bruit qui ne lui plaisait pas, et de loin. Il s’était préparé des milliers de fois à affronter une telle situation, il avait assommé des gars plus balèzes que lui, mais cette fois, c’était différent. Il ne s’y attendait pas, et il n’aimait pas les surprises, surtout pas quand elles étaient mauvaises. Il scruta l’obscurité du couloir à la recherche du moindre mouvement, rien. Plus aucun bruit ne se laissait transparaître, mais Michel se dit qu’au petit matin, dans un coin aussi tranquille que son quartier, le bruit du cran de sûreté avait du résonner dans sa maison et donner l’idée à l’intrus de tendre l’oreille, jusqu’à ce qu’il entende le bruit de ses pas ou autre chose du genre laissant deviner sa présence indésirée, si c’était un voleur, ou tout simplement le fait qu’il était réveillé.

Il avança dans le couloir jusqu’à ce qu’il sente un air frais dans son dos. Il pivota sur lui-même tout en s’agenouillant et levant son bras de façon à avoir un appui sous son coude pour viser rapidement. Tout se fit silencieusement jusqu’au moment ou il pressa la détente. La balle partit se loger dans une poutre. Il l’avait vu, son assaillant. Une demi seconde, mais il l’avait vu. Il sût alors quelles étaient ses intentions. Plus aucun bruit ne se manifestait dans la maison, si c’était un simple voleur, il aurait couru dans tous les sens pour sortir de la baraque et prendre la fuite. Il l’aurait laissé partir, après tout, plus de peur que de mal … mais ce n’était pas le cas. Michel leva l’oreille à la recherche du moindre son pouvant l’aider à localiser son agresseur… enfin, pour l’instant, c’est lui qui l’avait agressé plus que le contraire, mais après tout, il n’avait rien à faire ici. Rien du tout.

Un bruit le fit pivoter. Rien.

Un autre bruit, ailleurs. Rien non plus.

L’intrus le faisait tourner en bourrique, et Michel n’était pas fan de ce jeu, il savait qu’il devait bouger rapidement sous peine d’être piégé, car à chaque bruit son agresseur se rapprochait, mais dans quelle direction ? Ça, il ne pouvait le savoir, et c’est bien ce qui le dérangeait. Il pivota sur lui-même à la recherche du moindre mouvement. Rien, jusqu’à ce qu’il sente un frôlement le long de sa gorge. Il se retourna et tira. Il vida son chargeur sur cette silhouette qui venait de l’étreindre, mais sentit qu’il dégoulinait. Il porta sa main à son cou, mais s’écroula avant de comprendre ce qui venait de lui arriver. Il n’eut pas le temps de se dire qu’enfin, ses ex-clients seraient satisfaits, mais c’est certainement ce qu’il aurait pensé s’il avait pu.

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3 pas-commentaires (RSS 2.0)

  • valwil

    Rho quelle triste faim oups fin xD
    Bin vala y a plus de Michel
    Bon sérieux où vas tu chercher tout ça *__*

    XaF

    Héhé, content que ça te plaise ma vieille xD

    La suite pour bientôt, pour l’instant je poste maxi un « épisode » par semaine, même si plusieurs sont déjà prêts et en attente :p

  • Nariel

    Bien, bien ^^ J’ai pas tout comprit aux affaires et magouilles de Michel mais j’ai bien comprit la fin :D

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