Prélude à la vie – Préface (3/5): Le temps d’un souffle
Le temps d’un souffle .. c’est la durée de beaucoup de choses et de si peu à la fois. Que pouvons nous faire le temps d’un souffle ? Nous retourner ? Réagir ? Pas toujours.
Un souffle, c’est si court et si long à la fois, et pourtant … sans un souffle, on ne vivrait pas.
8h15. C’est ce qu’indiquait son réveil lorsque Joan s’habilla le plus rapidement qu’il put avant d’être en retard. D’habitude, son réveil sonnait vers sept heures, mais comme à la suite de ses soirées bien arrosées, il avait oublié de le mettre. Heureusement que sa mère était là pour le réveiller dans ces circonstances, il se demandait le nombre de retards et d’absences qu’elle lui avait permis d’éviter, mais savait pertinemment que les compter serait inutile tellement le nombre en devait être imposant. 8h20. Ses cours commençaient dans quarante minutes et il était à 30 minutes de son école, à vélo. Avec un peu de chance, il arriverait à l’heure, mais pour ça il devait prendre son petit déjeuner et enfourcher son vélo en moins de dix minutes. Il descendit donc le plus rapidement possible les escaliers de sa maison, son sac sur le dos, et le balança rapidement dans l’entrée tout en se dirigeant dans la cuisine alors qu’un fracas annonçant que le sac avait atteint son point d’arrivée se fit entendre. Un jus d’orange l’attendait sur la table de la cuisine, ou sa petite sœur se rassasiait déjà.
Bonjour Joan, lui dit-elle, tu as bien dormi ? moi j’ai fais un cauchemar, mais maman m’a dit que ce n’était qu’un mauvais rêve, n’empêche que j’ai eu peur, tu sais.
- Ce n’est rien de bien grave, Lysa, juste un mauvais rêve, ça arrive, intervint alors sa mère qui entrait dans la pièce
- Même les grandes personnes font des mauvais rêves, tu sais, dit son père en entrant à son tour habillé de son costume trois pièces à la hauteur de sa fonction, dont il était en train de nouer la cravate, tout en maintenant son attaché-case sous son bras droit.
- Je dois y aller en vitesse, je doute du fait que le prof de maths m’attende indéfiniment, dit Joan en se levant, si je loupe ce cours, je suis quasiment sûr de louper les examens s’y rapportant …
- Ok Joan, à ce soir alors
- A ce soir, Lysa, répondit-il avant d’aller embrasser sa mère
Il se dirigea par la suite vers la porte, récupéra son sac qu’il mis sur son dos avant de sortir et de se diriger vers le garage. Son vélo, un vieux BMX, avait du vécu, mais il ne l’avait jamais laché lorsqu’il en avait eu besoin, et c’est lui qui l’emmenait en cours tous les matins ou il avait du retard … autant dire la plupart du temps. Joan se mit en selle, et sortit à toute vitesse du garage, fonçant sur la route en direction de son école. Soudain, il s’arrêta et fit demi-tour. Comment avait-il pu l’oublier ? Il avait passé une semaine à travailler sur cette planche à dessin qu’il devait rendre aujourd’hui sous peine d’avoir un zéro pointé. En plus, il était loin d’être mauvais en dessin. Au diable le retard, après tout, un retard était moins grave qu’un zéro dans une matière ou il dominait de loin les autres. Il repartit à une vitesse qui, s’il n’avait pas été en vélo, aurait sûrement laissée entendre un crissement de pneus et laissé des traces sur le sol, il déposa son vélo et courut vers la maison, il ouvrit la porte et … aucun bruit ? Quelques minutes auparavant, les bruits du petit-déjeuner et des mouvements de ses parents et de sa sœur emplissaient cette maison qui paraissait dès lors bien vide. Joan fit quelques pas en direction de la cuisine puis sentit un mouvement dans son dos. Il se retourna. Rien. Un air frais effleura sa nuque, il pivota de nouveau, toujours rien. Il avança vers la cuisine, regarda à l’intérieur. Rien.
Bah alors Joan ! Qu’est-ce que tu fais encore là !
Il sursauta tout en se retournant, c’était sa mère, ouf.
Je … J’ai oublié ma planche de dessins
- Ah, d’accord, mais file vite après !
- Oui oui.
Il grimpa les escaliers quatre à quatre, atteint sa chambre, prit sa planche à dessin et descendit, sa mère était toujours là, dans l’entrée de la cuisine, appuyée dans l’embrasure de la porte.
J’y vais pour de bon, maman, je crois que j’ai tout ce qu’il me faut, bonne journée !
Pas de réponse.
Maman ?
Le corps de sa mère commença à glisser puis finit par s’effondrer, Joan courut dans sa direction et s’agenouilla près d’elle, il tenta de la retourner alors qu’il senti quelque chose de froid l’étreindre à la gorge. Il n’eut pas le temps de pleurer sa mère.
10 septembre 2007 à 15h27
A la hauteur des histoires précedentes
La suite !²
J’ai bien aimé le double retournement de situation même si, au début, il ma semblé ‘bizarre’ :p
17 septembre 2007 à 20h33
Wahou ! ça m’a fait froid dans le dos…
l’écriture est géniale et très prenante, ça ne rend que mieux la dernière scene…
XaF
septembre 18th, 2007 at 10h20
Joli commentaire, et venant d’une personne qui écrit, ça a d’autant plus de valeur
Je retournerai faire un tour chez toi quand j’aurai Internet, actuellement mes passages sont brefs et je ne fais que des copier/Coller de ce que j’ai déjà écrit, mais promis, j’repasserai :p